Musique

Azzel : l’artiste sombre qui fait naître la lumière 

The strongest one

Notre monde connaît des milliers d’artistes. De la star internationale à l’artiste de rue, le mot « artiste » englobe énormément de personnes. Aujourd’hui, nous avons décidé de nous pencher sur une étoile montante : Azzel. Rencontre.

Azzel est un chanteur belge de 26 ans, originaire de la Province de Hainaut.

Le projet Azzel débute en janvier 2018 dans l’Est de l’Australie et se concrétise dès 2019 à Lisbonne au Portugal. C’est d’ailleurs à Lisbonne qu’Azzel rencontre César Correira (beatmaker) et João Dikas Paiva, directeur du label Tuff Studio, qui lui offriront la chance de commencer l’enregistrement de son premier EP.

« Azzel » ce n’est pas ton vrai nom, si ?

Non! (rires) Azzel vient de « Azzazel » : l’ange déchu du paradis. Il a été banni pour avoir montré aux hommes une voie différente de celle que la religion leur dictait. On peut dire que c’est une image qui reflète la tentation de l’interdit.

C’est pour ça que cela me parle car, moi aussi, j’ai envie d’ouvrir les yeux au monde à ma manière. Azzel, c’est aussi un personnage androgyne. Il a un côté sombre, mais il cherche à faire naître la lumière. Lumière que l’on pourrait comparer à une forme d’espoir. Azzel, c’est ni un homme ni une femme, mais il a une grande part de sensibilité. Il est axé sur l’humain. Ni gay, ni hétéro, mais pour l’amour en général.  

« À travers ma musique, je veux casser les codes, parler de choses taboues, qui dérangent. Ce que j’aime dans l’art, c’est la provoc ! Ça fait toujours réagir les gens. »

C’est quoi la provocation pour Azzel ?

La provocation n’est qu’une question d’époque, de lieu où on vit, de culture. Ce qui va provoquer une personne ne provoquera pas nécessairement une autre et ce qui était provoquant il y a 50 ans ne l’est peut-être plus aujourd’hui.

The dark side and the light
© Azzel

Quel est le titre du premier single que tu nous présentes aujourd’hui ?

Mon premier single s’intitule The Strongest One. C’est une chanson qui invite les personnes mal dans leur peau ou persécutées à se relever et se battre. Elle met en lumière le problème et la dangerosité de mettre les personnes dans des cases, en faisant référence aux chambres à gaz.

The Strongest One est aussi un hymne pour toutes les personnes ayant trop souvent perdu confiance. Il nous rappelle que personne n’a le droit de nous mettre plus bas que terre.

Parle-nous de ton univers

L’univers Azzel est plutôt sombre. L’EP traite de sujets sensibles comme le suicide, l’harcèlement, la mort, les changements de vie compliqués. L’univers Azzel, c’est la partie sombre que chacun de nous a dans notre vie.

Pour amener le côté lumineux, solaire, j’ai choisi d’accompagner mes textes par une musique plutôt joyeuse, colorée. Bref une musique en contraste total avec les sujets traités. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de morceaux plus mélancoliques.

Qu’en est-il de ton look ? Pourquoi avoir choisi de te maquiller ?

Je pense qu’à l’heure actuelle tout le monde se maquille à sa manière. Prenons l’exemple des filtres sur Snapchat ou Instagram: c’est une façon de se maquiller. Du moins, de maquiller la réalité. Moi je ne cherche pas à maquiller la réalité, loin de là. Mais mon vrai moi n’a peut-être pas les épaules pour faire tout ce que je fais alors qu’Azzel oui ! C’est pourquoi il était vraiment indispensable de me créer un personnage. Celle qui m’a aidé dans la création d’Azzel, c’est Razanni Shana, une louviéroise très talentueuse qui a notamment travaillé avec Luc Petit sur des spectacles de Franco Dragone. La tenue que je porte sur la couverture du single a été confectionnée au Sénégal et pensée par la marque Bafukah. Je voulais vraiment de la multiculturalité, qui est partie prenante de mon personnage.

The strongest one
© Azzel

Quels sont les artistes qui t’inspirent ? Tu proposerais ton morceau aux personnes qui aiment quel genre de musique ?

Je puise mon inspiration chez des artistes tels que Madonna, Michael Jackson ou encore Christine and the Queens.

Pour le style du morceau, je voulais quelque chose qui bouge, quelque chose qui donne envie de danser. C’est très pop anglo-saxonne. Le message du texte est fort, mais la musique est plutôt entrainante et nous rappelle que c’est l’été. D’autant plus qu’elle est sortie le 21 juin. Mon but n’est pas de plomber l’ambiance. Mon métier, c’est aussi de divertir les gens. Et si avec The Strongest One, je peux leur donner un peu de force, alors le pari est gagné !

Tu te vois où pour les mois, les années à venir ?

Dans les mois qui viennent, nous allons continuer à travailler sur l’EP qui devrait sortir courant 2020. Si tout va bien, en septembre, les personnes qui me suivent pourront découvrir le premier titre de cet EP, car The Strongest One est un single qui ne fait pas partie de l’EP.

Dans les années qui suivront, j’espère toujours être dans la musique et donner des tas d’interviews à Mode In Belgium (rires). Plus sérieusement, j’espère pouvoir percer de ma passion. Ce que je ne veux pas, par contre, c’est rentrer dans une case et faire les mêmes genres de morceaux pendant 30 ans. La vie change et ma musique évoluera en même temps que moi. La musique, c’est un métier où il faut pouvoir se réinventer.

Pour en savoir plus sur Azzel, rendez-vous sur ses réseaux sociaux : Facebook, Youtube, Instagram. The Strongest One est disponible sur les plateformes officielles.

Shanon Beauprez