Mode

Clémence Verleyen : études de stylisme et projets

En juin dernier, nous assistions au défilé annuel des Atelier Lannaux. Un show de haute qualité qui nous a dévoilé de vrais talents. Coup de coeur pour la collection de Clémence Verleyen, étudiante en troisième année et désormais diplômée. Mode in Belgium l’a rencontrée et lui a posé quelques questions sur son parcours en stylisme. 

 Pourquoi le stylisme ?

J’ai toujours aimé le dessin et l’architecture. Quand ça a commencé à ne plus trop aller à l’école, j’ai voulu me diriger vers quelque chose de plus concret ; j’ai choisi l’art. J’ai pris des cours d’histoire de l’art. J’ai adoré, j’ai eu une prof exceptionnelle. J’étais en technique de transition car je voulais garder toutes les portes ouvertes pour après. Quand j’ai eu fini, j’avais déjà le stylisme en tête. En fait, j’adorais les matières, les tissus, ça me parlait. Mes profs à l’école ne m’encourageaient pas beaucoup en me disant que le stylisme n’est pas évident, qu’il faut percer, etc. Ça ne m’encourageait pas vraiment mais bon mes parents n’étaient pas contre et je me suis dit “qui ne tente rien n’a rien”.

Ton parcours ?

En sortant de rhéto, je voulais partir. J’ai d’abord travaillé chez Catimini pendant 6 mois pour mettre des sous de côté. Ensuite, je suis partie à New-York. J’ai suivi quelques cours de stylisme et j’ai eu un super stage pour une marque qui s’appelle Wesgordon, de la haute couture pour femme, vraiment magnifique. C’était un chouette stage mais n’ayant pas étudié le stylisme auparavant, j’ai trié beaucoup de boutons, vraiment beaucoup (rire).

Quand je suis rentrée en Belgique, j’ai tenté l’examen d’entrée à Anvers, je voulais connaître leurs attentes. Ils m’ont recommandé de faire une année préparatoire en dessin, j’ai suivi leur conseil. C’était génial, j’ai énormément appris en dessin. Á la fin de l’année, des professionnels m’ont conseillé le stylisme, mais pas à Anvers. Ça ne me correspondait pas, c’était trop conceptuel par rapport à ma façon de fonctionner. J’ai alors essayé La Cambre, je n’ai pas réussi l’examen d’entrée. Cela m’a déçue et découragée, je ne savais plus ce que j’allais faire. Mes parents m’ont alors parlé de l’Atelier Lannaux. Nous avons été visiter l’école et je m’y suis bien vue. J’y ai quand même réfléchi car comme c’est une école privée, c’est un budget. Mais j’ai été très vite décidée, je me suis inscrite. Je suis tombée dans une super classe. Ce qui est gai avec l’Atelier Lannaux c’est qu’on apprend tout de A à Z, du dessin à la création. C’est aussi cela qui m’a séduite.

Ta collection ?

En troisième année, nous créons notre collection, c’est vraiment l’aboutissement. Pour cette collection, nous devons partir de trois thèmes complètement au choix. L’été précédent ma troisième, j’ai réfléchi pour trouver ces thèmes, tâche qui n’a jamais été simple pour moi. J’avais une idée de base ; je voulais faire des vêtements d’intérieur. Pour mon premier thème, je suis partie sur le cocooning. Quant au deuxième thème, puisque j’aime beaucoup l’architecture, je me suis inspirée d’un architecte mexicain, Luis Barragán. Il crée des maisons carrées, simples comme j’aime, mais très colorées. Et pour mon troisième thème, j’avais envie de partir sur une matière. J’adore le tricot mais je ne tricote pas (rire). Du coup, je voulais utiliser la laine d’une manière différente. Et là, je me suis inspirée d’une artiste qui s’appelle Judith, alias Jujujust, qui fait des installations murales avec des crochetages en laine très colorés aussi. En me basant sur ces thèmes, j’ai imaginé et réalisé une collection, très colorée, très fluffy et confortable mais quand même structurée. J’ai principalement travaillé avec mes couleurs et mes matières. C’est ma façon de procéder : je choisis mes tissus avant de dessiner, je commence avec la matière.

A ma grande surprise, au défilé, j’ai reçu le prix du jury et le prix de la Mode Design Academy, m’offrant une semaine de management de mode.

Et maintenant ?

Je me suis toujours dit que je ferais des stages après mes études car je trouve cela important. Mais en parlant avec une autre amie qui fait stylisme, j’ai découvert qu’il y a une formation en maille aux Beaux-Arts. Je me suis inscrite pour cette année. Je réaliserai d’office des stages après et j’aimerais beaucoup ensuite trouver une marque qui a une section maille et me développer là-dedans. En tout cas, c’est mon idée pour le moment, on verra bien.

Penses-tu à créer ta marque ?

Au départ, ça me tentait bien mais je me rends compte que j’aime bien travailler seule mais pas tout le temps, j’apprécie travailler en équipe aussi. Je pense également qu’il faut trouver le bon créneau pour pouvoir décoller, ce qui n’est pas évident, donc c’est à cogiter… Mais ce n’est pas ce à quoi je pense pour le moment.

Propos recueillis par Marine Dallons 

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