Cinéma

« Le fidèle » : Matthias Schoenaerts et Adèle Exarchopoulos sortent le grand jeu

Mercredi sort « Le Fidèle », dernier film en date de Michaël Roskam. Un casting en or, une histoire d’amour qui repousse les limites et une identité particulièrement belge où le français se mêle au néerlandais.

 « Lorsque Gino rencontre Bénédicte, c’est la passion. Totale. Incandescente. Mais Gino a un secret. De ceux qui mettent votre vie et votre entourage en danger. Alors Gino et Bénédicte vont devoir se battre envers et contre tous, contre la raison et contre leurs propres failles pour pouvoir rester fidèles à leur amour. »

« Le fidèle » est la magnifique relation entre deux jeunes adultes tombés sous le charme l’un de l’autre, qui vont vivre une histoire d’amour semée de remises en question. D’un côté, Gino : braqueur professionnel, il a eu une enfance malheureuse, battu par son père, trainé de famille d’accueil en famille d’accueil. Son caractère est profondément marqué par son vécu, ce qui causera les principaux problèmes du couple. De l’autre, Bibi : pilote de Formule 1, elle aussi a grandi modelée par les évènements tragiques de sa vie.

©Cinenews

Een echte Belgische film

Plusieurs scènes de ce film ont été tournées en Belgique. Les locaux reconnaitront la Place Poelart par exemple. Sa particularité est de mélanger le néerlandais et le français. Une audace que nous avons particulièrement appréciée car la Belgique y est représentée dans son ensemble. Adèle s’essaye même à quelques mots en flamand. La référence à nos accents bien ‘belches’ est également très marquée. Un temps d’adaptation est nécessaire mais ces dialogues sont plus vrais que nature. Ces accents donnent un aspect authentique au film.

Matthias Schoenaerts (Tête de boeuf) et Adèle Exarchopoulos (La vie d’Adele) sont réunis à l’écran pour notre plus grand plaisir et incarnent les deux personnages principaux. Tous deux parviennent à partager aux spectateurs ce mélange de tension et d’amour intense qui nous tiraille, nous fait souffrir. Le couple fonctionne à l’écran. Pouvons-nous exiger à notre moitié de changer qui elle est, uniquement par amour ? Voilà le thème central du film.

Malgré ses 130 minutes parfois un peu lentes, « Le Fidèle » arrive à nous tenir en haleine : jamais confortable, toujours en équilibre instable entre bonheur et drame.

« Lettre d’un taulard »

©Viktor Lazlo

Une bande son plutôt discrète nous mène au générique de fin, doux et sombre à la fois. « Lettre d’un taulard », interprété par Viktor Lazlo, est emprunt d’un certain érotisme triste, d’une mélancolie de l’amour, abîmé par la concession entière de l’être aimé. Une musique qui boucle pudiquement cette histoire d’amour explosif.

Viktor Lazlo a écrit les paroles en s’inspirant de la relation tumultueuse d’une amie et de son compagnon incarcéré. Elle a souhaité poser sa voix avec un respect tout particulier pour l’orchestre. A la manière d’un chuchotement.

Nous la retrouvons également avec son nouvel album « Woman ». Un album dans la même lignée que « Lettre pour un taulard » : une douceur engagée.

Cette amoureuse de Bruxelles (elle y a vécu plusieurs années) aborde des thématiques fortes telles que les attentats qui frappent le monde depuis quelques années, notamment avec le titre Lola & Jim.

Viktor Lazlo sera en concert le 16 novembre au Muziekcentrum De Bijloke à Gand. Retrouvez-là dans les bacs pour la sortie de son nouvel album « Woman » ce 20 octobre.

De moeite waard ?

Enrichissant, attendrissant et révoltant à la fois, malgré ses quelques petites imperfections, « Le Fidèle » reste un très bon film à aller voir de toute urgence avec sa moitié. Ce drame policier soulevera la question de la limite de l’amour. Débat à la sortie assuré !

Retrouvez Viktor Lazlo via son site officiel.

« Le Fidèle » sort ce mercredi dans les salles. En attendant, découvrez Gigi et Bibi dans la bande annonce officielle du film.

Sémy Castelli