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Nomadmantravel – De Bruxelles à l’Inde en STOP !

Parti au mois d’août de Bruxelles pour se rendre en Inde, @nomadmantravel, de son vrai nom Yahia, s’est donné comme défi de faire ce voyage en autostop. C’est en prenant son temps que cet aventurier des temps modernes traverse chaque pays jusqu’à sa destination finale aux détours de rencontres et de découvertes. Après quelques messages échangés via son compte Instagram, nous avons pu lui poser quelques questions par téléphone lorsqu’il se trouvait en Géorgie.

D’une voix très apaisée et « chill », Yahia se présente et inspire directement la sympathie! Ce qui était sensé être une « interview » est rapidement devenu une discussion et un échange.

D’où t’es venu ce défi ? Et pourquoi ?

A vrai dire, ce challenge est en relation avec mon propre passé et mon histoire. Je suis né et j’ai vécu au Maroc. Je suis arrivé jeune en Belgique avec ma mère et l’un de mes frères, de la façon la plus simple qui soit : avec un visa touriste. Après peu de temps, nous avons décidé de prolonger notre séjour et ensuite de nous installer ici. Nous avons donc fait la demande de papier dans les règles. Ce n’est d’ailleurs pas une procédure facile, les documents ont mis 7 ans à arriver. La situation d’immigré, je la connais donc.
En plus de mon histoire, ce défi m’est venu de ma passion du voyage, bien sûr, mais aussi de la sociabilité. Je dois dire que j’adore les gens.
Et enfin, je suis très intéressé par l’intégration, la « culturation » et la bi-culture. Je pense que lorsque l’on s’établit dans un pays, il ne faut pas nier ses origines ou sa culture mais tenter d’apporter une plus-value personnelle au pays qui nous accueille. 

Comment s’est passé ton départ ?

Cela faisait 1 an que je pensais à ce voyage et que je me disais que c’était une expérience à vivre. Mais après, comme un peu tout le monde je crois, on développe plein d’idées dans notre tête sans vraiment les mettre en exécution. Et puis un jour, deux semaines avant mon départ, je me suis lancé. J’ai prévenu mes employeurs et, à deux jours du départ, j’ai organisé une soirée pour dire au revoir à mes proches.

Pourquoi as-tu choisi l’auto-stop comme moyen de transport ?

Pour la petite histoire, je n’ai jamais fait d’auto-stop avant ce voyage. J’ai choisi ce moyen de transport déjà pour sortir de ma zone de confort mais aussi pour aller à la rencontre des gens. Je veux prouver que malgré ce que peuvent dire les médias sur ce « monde qui va si mal », il y a tout de même de belles âmes et des choses qui vont très bien.

© @nomadmantravel

Pourquoi l’Inde comme destination finale ?

Car j’ai déjà fait un premier voyage en Inde il y a 4 ans et j’ai adoré ce pays. J’ai adoré les gens, la culture et j’ai adoré l’état d’esprit dans lequel j’étais. Quand tu es aussi loin, tu prends le temps de t’arrêter, de te poser, de rencontrer les gens et de débattre avec eux. J’essayais aussi de comprendre leur fascination de « l’homme blanc ».

Au cours de ce voyage, tu veux aussi lever le voile sur la situation des migrants ? Pourquoi ?

Déjà, parce que j’ai moi-même vécu en tant que réfugié et j’aimerais prouver que ce n’est pas toujours facile. Cela peut partir « bêtement » d’un caractère mal placé pendant une conversation entre potes où tu ne répliqueras pas parce que tu ne veux pas te prendre la tête.
Après, j’ai pas envie de jouer sur la victimisation non plus mais plus d’alerter les gens. On parle et on entend beaucoup le mot « migrant » mais les migrants sont avant tout des personnes avec des histoires et un passé, comme nous tous. Certains ont dû faire face à d’énormes violences pour arriver jusqu’en Europe et ils ont fait preuve d’une vraie résilience. Moi je pense qu’il ne faut pas les voir comme des parasites mais comme des héros.

Un/ des pays ou cultures qui t’ont marqué plus que d’autres ?

Si je ne dois en choisir qu’un, je dirais la Turquie.
Ils sont très hospitaliers, serviables et vraiment aimables. J’y étais avec mon ami Roberto, qui avait quelques aprioris et préjugés mais nous n’avons été qu’émerveillés de la gentillesse des Turcs.

Cela fait 5 mois que tu es parti, qu’est ce qui te manque le plus ?

Mes proches bien sûr. Aussi, en voyageant aussi longtemps, cela me rappelle que j’aime Bruxelles. C’est vraiment une belle ville et j’aime la culture qui y règne. C’est dingue, à Bruxelles, tu prends simplement le bus, tu vas entendre 15 langues différentes, c’est très polyglotte et cosmopolite. J’adore ce côté de la ville.

© @nomadmantravel

Tu penses déjà à ton retour ?

A la base, je me suis dit que j’allais faire ce voyage et « basta ». Mais au fil du temps, je me suis dit que je voulais donner de la continuité à ce défi. Je n’ai pas trop envie de spoiler mais le voyage n’est que le début.  Tout ce que je peux dire pour l’instant, c’est que le reportage que j’ai filmé avec mon ami Roberto, qui m’a accompagné pendant plusieurs semaines, sortira le 15 février. 

En plus de ce reportage, Nomadman Travel partage son voyage et ses aventures quotidiennes sur son compte Instagram. Ce compte, c’est un peu le moyen de voyager sans se déplacer !

Sasha Lacroix